Alors que les algues vertes commencent à se répandre sur les plages de la baie de Douarnenez (Finistère), la rade de Brest n’en voit pas tellement la couleur. Pourtant, elles sont bien là, et depuis plusieurs années, scientifiques et gestionnaires alertent sur les conséquences désastreuses de ces algues proliférantes qui étouffent la biodiversité dans le fond de la rade.
Chaque année, la rade reçoit 26 000 tonnes de nitrates en provenance majoritairement des activités agricoles, rappelle Yves-Marie Paulet, président du comité scientifique de TerraRade (*). Ces nitrates sont charriés par l’Aulne et l’Elorn. L’apport d’azote provenant des stations d’épuration, quant à lui, est estimé à 3 % du flux total parvenant en rade de Brest.
Pourquoi ne ramasse-t-on pas alors plus d’algues vertes sur la plage du Moulin-Blanc ? D’abord, en raison du courant. À chaque marée, environ un tiers de l’eau sort de la rade : le renouvellement est très élevé. Ensuite : il n’y a pas de vraie plage en rade de Brest (la plage du Moulin-Blanc est artificielle) et pas tant de houle. Même s’il y a la production, elles ne viennent pas s’accumuler sur les plages là où, au premier coup de chaud qui arrive, tout est ramassé sur la plage de Ris à Douarnenez, poursuit Yves-Marie Paulet.
« Un impact majeur sur les écosystèmes »
Pour Alain Pibot, qui a longtemps été gestionnaire de la rade de Brest pour l’Office français de la biodiversité (OFB), ce n’est pas du quai, ou du ponton, ou du navire que vous voyez les algues vertes, mais en plongeant, dit celui qui alerte depuis 2022 les élus et l’agence de l’eau sur le sujet. Cette pollution génère un impact majeur sur les écosystèmes et les activités économiques telles que la conchyliculture, qui s’arrêtera progressivement si rien n’est fait…
Auteur: Claude Morizur

