Avec l’accélération de la criminalisation de la lutte antifasciste et de toute forme d’autodéfense populaire, on recycle les recettes de l’état d’urgence, instauré après les attaques de 2015 à Paris. À l’époque, on nous expliquait que c’était nécessaire pour nos libertés et notre sécurité.
Beaucoup ont alors donné ou même défendu une confiance aveugle dans l’État et ses services. Ils n’ont bien sûr obtenu ni la pseudo-sécurité promise ni vraiment mesuré la perte de liberté. Tant pis pour ce qu’il restait de l’état de droit, tant pis pour les musulman·es, tant pis pour les classes populaires. Même au milieu des milliers de contrôles au faciès, des assignations à résidence arbitraires, du permis de tuer accordé à la police, ou des conséquences que nous payons aujourd’hui avec la généralisation de la surveillance algorithmique.
Le plus paradoxal est peut-être que ceux qui, au nom de leur panique, ont soutenu les dérives d’hier sont parfois les mêmes qui se tiennent aujourd’hui à l’avant-garde pour dénoncer celles de Donald Trump. Comme si l’autoritarisme était toujours un produit d’importation.
Dans la séquence actuelle, on reprend presque mécaniquement les mêmes traits. On retrouve les mêmes qui, hier, rationalisaient l’état d’urgence et qui dénoncent aujourd’hui les dérives de Donald Trump, tout en dissolvant ces derniers jours leurs indignations dans les discours de l’ordre, dans la peur de la polarisation ou désormais dans le fantasme d’une guerre civile imminente.
Si tout cela n’apparaît pas aussi clairement, c’est parce que ceux dont nous parlons peuvent parfois se retrouver à nos côtés dans les luttes récentes : contre la réforme des retraites, contre l’extrême droite ou très tardivement et poussivement pour la Palestine. Mais toujours dans cette réserve qui, à chaque fois, prépare le retrait.
Ressurgit alors le visage d’une gauche progressiste plus…
Auteur:

