Il y a dix ans, dans la nuit du 25 au 26 octobre 2014, Rémi Fraisse était tué à Sivens (Tarn) par un tir de grenade, lancée par un officier de gendarmerie. Le militant de 21 ans participait à une mobilisation contre le barrage de Sivens, finalement abandonné en 2015. Dix ans plus tard, sa mort marque toujours le mouvement écologiste. Pour de nombreuses et nombreux activistes et membres d’ONG écologistes, sa disparition a « marqué un moment de bascule » dans le mouvement écologiste. Elles et ils racontent.
Léna Lazare (Les Soulèvements de la Terre) : « On n’est pas passé loin d’un “nouveau Rémi” »
« J’ai appris assez tardivement qu’une personne du mouvement écolo avait été tuée ; en 2014, je n’avais que 16 ans. Je trouve qu’on n’en parle pas suffisamment. Il y a un problème de transmission de la mémoire des luttes, notamment avec les jeunes du mouvement climat. C’est un de mes regrets. Les militants plus âgés pourraient nous apporter des choses en termes de stratégie, d’organisation et d’histoire. Mais je ne sais pas pourquoi nous n’avons pas plus d’échanges.
J’ai commencé à militer quand j’avais plus ou moins le même âge que Rémi. Beaucoup de mes amis auraient pu se retrouver dans une zad et mourir à sa place. D’ailleurs à Sainte-Soline [dans la lutte contre les mégabassines dans les Deux-Sèvres], cette histoire a eu une forte résonance. Sauf qu’après, la mobilisation s’est structurée pour faire face à la répression d’État. Contrairement à Creys-Malville [lieu de la manifestation de 1977 contre le nucléaire où est mort le militant écologiste Vital Michalon, tué par l’explosion d’une grenade offensive], par exemple, où les antinucléaires disent que sa mort a essoufflé le mouvement.
Ce qui est sûr, c’est que l’État continue sa politique de répression dans la même dynamique qu’à Sivens, alors qu’il aurait dû se dire « plus jamais…
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Auteur: Laury-Anne Cholez

