10 septembre : mode d’emploi de la répression, de Paris aux régions

À l’approche de la mobilisation annoncée par le mot d’ordre « Bloquons tout », un télégramme du ministère de l’Intérieur daté du 4 septembre fixe une ligne sans ambiguïté : empêcher en amont les blocages d’« infrastructures essentielles à la vie de la nation », procéder aux « déblocages » rapides, quadriller l’espace public et « judiciariser » les incidents. À Paris, selon une source policière, « tout le monde sera sur le pont ». Dans le reste du pays, les préfets sont enjoints de combiner arrêtés, drones et coordination étroite avec les parquets pour neutraliser toute tentative d’actions.

Le ministre de l’Intérieur a annoncé que « 80 000 gendarmes et policiers » seront mobilisés sur l’ensemble du territoire.

Le ministre de l’Intérieur a par ailleurs annoncé que « 80 000 gendarmes et policiers » seront mobilisés sur l’ensemble du territoire. Le 8 décembre 2018, pour l’Acte 4 des gilets jaunes, 89 000 agents étaient déployés en France. Ils étaient 12 000 pour le 1er mai 2023 lors de la réforme des retraites, 15 000 pour la mobilisation des agriculteurs en janvier 2024 ou encore 40 000 le 6 juillet 2024 après la mort du jeune Nahel.

Logique d’entrave préalable

Le document interne consulté par Politis ordonne de « faire systématiquement l’objet d’un déblocage dans les délais les plus brefs » toute tentative visant gares, ports, aéroports, transports, axes routiers structurants, dépôts pétroliers, plateformes logistiques, centrales électriques, usines d’incinération, traitements des eaux et même les « établissements d’enseignement ». Il demande l’« interpellation systématique » des auteurs de dégradations et la sécurisation statique des institutions si le niveau de menace le justifie.

La suite est à lire sur: www.politis.fr
Auteur: Maxime Sirvins

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