Morlaix (Finistère), reportage
En plein cœur de Morlaix, place Charles de Gaulle, le long de l’une des artères principales de la ville, la pluie de drapeaux jaune vif contrastait avec le ciel gris automnal, mardi 5 novembre. C’est ici, à quelques centaines de mètres de la sous-préfecture, du commissariat et du fameux viaduc de Morlaix, qu’une vingtaine d’adhérents du syndicat agricole de la Confédération paysanne s’étaient donné rendez-vous.
Le but : occuper temporairement l’agence locale de l’assurance Groupama « pour dénoncer le système assurantiel privé inadapté face au dérèglement climatique », explique Thomas Gibert, secrétaire national du syndicat de paysans. « On tenait à être présent ici aujourd’hui, un an après la tempête Ciarán qui a fait beaucoup de dégâts dans le coin », précise celui qui est également maraîcher en Haute-Vienne.
« Assurance récolte : zéro pour les fruits et légumes ! », « Groupama — Pacifica — État : 100 % dégâts, 100 % tracas face aux aléas », « Assurances privées : assez d’insuffisances ! »… En une quinzaine de minutes, les murs, portes, fenêtres, tables, chaises, panneaux et imprimantes de Groupama Morlaix étaient recouverts de plusieurs centaines de stickers jaunes à la typographie noire. Victoire : au bout d’une heure et trente minutes, un rendez-vous a été promis « d’ici quinze jours » par la direction, jointe au téléphone.
Depuis le 1er janvier 2023, un nouveau régime d’assurance est en effet proposé aux agriculteurs. Le précédent dispositif, connu sous le nom de « régime des calamités agricoles », alors cofinancé par l’État et la profession, visait à assurer les agriculteurs en cas de dégâts sur l’exploitation liés au climat. « Ce n’était pas parfait mais c’était moins pire que…
Auteur: Chloé Richard

