Face au palais présidentiel de La Moneda, une vingtaine de personnes vêtues de noir dansent la cueca, la danse nationale qui s’interprète normalement à deux. Mais là, elles dansent seules pour rappeler l’absence des disparus de la dictature du général Pinochet.
Vairon et son amie Pam Valentina ont tous les deux dansé, vendredi 11 septembre. « Le fait que le gouvernement n’ait pas fait de commémorations, c’est un manque de respect envers celles et ceux qui ont vécu cette période difficile », regrette Vairon. « Je pense que ce gouvernement veut que le pays perde la mémoire », abonde Pam Valentina.Z« C’est du négationnisme »
Une photo du président déchu Salvador Allende suspendue autour du cou, c’est pour lui que Natalia a dansé : « Le gouvernement refuse de reconnaître que des vies ont été prises, que la démocratie a été violée. C’est du négationnisme et une provocation aussi envers les familles qui continuent de chercher leurs proches disparus. »
Pour justifier l’absence de cérémonie officielle, le président José Antonio Kast a déclaré : « Je ne peux pas effacer l’histoire, et je ne peux pas non plus dire à nos compatriotes que nous sommes condamnés, à cause de notre histoire, à ne pas pouvoir regarder vers le futur de notre nation. »
L’image a été prise en novembre 1975, presque trois ans après le 11 septembre 1973, sur le plateau de l’aéroport, lorsque ma famille et moi fuyions l’exil. Mon frère Carlos Maza est dans les bras de notre mère, Lucrecia Rubillo. Ensemble, nous allions rencontrer notre père, Norton Domingo Maza, qui, après avoir été détenu et torturé pendant presque trois ans en tant que prisonnier politique, avait été transféré de la prison de Temuco à Santiago et enfin à…
Auteur: Claude Morizur
