Nancy (Meurthe-et-Moselle), reportage
« Vous me demandez s’il est opportun de rester assis sur une bombe qui va exploser ? » Jeudi 26 mars, le procès de Nestlé Waters a repris avec l’audition du dernier témoin des parties civiles. Directeur de l’enquête sur les décharges sauvages à partir de la fin août 2023, l’adjudant-chef Laurent Berger a répondu aux questions de la défense et du président Didier Gastaldi sur l’effet que les déchets laissés à l’abandon ont pu avoir sur leur environnement.
Le gendarme de l’Office central de lutte contre les atteintes à l’environnement et à la santé publique (Oclaesp) est revenu sur une visite qu’il avait effectuée sur le site de They-sous-Monfort (Vosges) en avril 2024, en évoquant des déchets affleurant un peu partout et d’énormes blocs de plastique fondus « qui prouvaient qu’il y avait eu une activité d’incendie ». « C’était un peu effrayant de voir ça : des arbres qui poussent dans des bouteilles plastiques. Et quelques mètres plus loin, une prairie avec des vaches qui pâturaient. »
Le président a poursuivi ses interrogations : avait-il constaté une pollution sur le site — un dommage évident à l’environnement ? Est-ce que le nettoyage du site pourrait occasionner des dommages supplémentaires en déplaçant les déchets ? Autant de questions qui ont irrigué les débats tout au long du procès.
Des analyses annulées
Après trois ans d’enquête, la société Nestlé Waters Supply Est comparaissait cette semaine devant le tribunal correctionnel de Nancy pour avoir laissé à l’abandon plus de 473 000 m3 de déchets plastiques et autres polluants au sein de quatre décharges sauvages à Contrexéville, They-sous-Montfort, Saint-Ouen-lès-Parey et Crainvilliers. Des sites dont l’entreprise a…
Auteur: Anne Mellier

