En Bretagne, 16 000 choucas pourraient être abattus cette année. Comme l’année d’avant. L’association One Voice dénonce cette situation : « En pleine période de nidification, bien que les petits viennent de naître et sont encore présents dans les nids, des chasseurs vont pouvoir tirer sur des milliers de choucas. » Des opérations de tirs ont déjà eu lieu, les arrêtés préfectoraux ayant été publiés à la mi-mai dans les Côtes-d’Armor et le Finistère. L’association a déposé des recours devant le tribunal administratif pour la troisième année consécutive.
Le choucas des tours est une espèce protégée qu’il est interdit de tuer ou de perturber intentionnellement. Mais ces deux textes dérogatoires autorisent les chambres d’agriculture à procéder à la destruction ou au « prélèvement » de ces oiseaux dans la limite de 8 000 individus, jusqu’au 30 septembre 2024 dans les Côtes-d’Armor et jusqu’au 31 mars 2025 dans le Finistère. Les agriculteurs peuvent ainsi faire appel à des chasseurs pour tirer sur ces oiseaux. Ils le font depuis 2007, presque sans discontinuer, car le problème est ancien.
Blé, maïs, choux, petits pois…
Que reproche-t-on à Corvus monedula, ce petit corvidé à l’œil bleu caractéristique ? Les dégâts dans les champs de céréales, dans les cultures de maraîchage et dans l’alimentation stockée dans les élevages.
« Les dégâts dont il est question sont évalués ces quatre dernières années entre 500 000 et 1 000 000 euros pour le seul Finistère, avance la préfecture dans les motifs de sa décision. On ne peut nier le préjudice économique : le seul fait que cette espèce fasse l’objet de déclarations de dégâts dont le montant est supérieur à l’ensemble des autres espèces animales, en fait un déprédateur de premier ordre. »
« Le choucas a une alimentation très diversifiée », explique Nicolas Yahyaoui, chargé de campagne et juriste…
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Auteur: Fabienne Loiseau

