17 Octobre : deux morts et une omerta d’État


«Christophe n’avait pas de problème de santé». «Des policiers sont arrivés et ils voulaient qu’on ne voie plus rien du tout».


Un «arrêt cardio-respiratoire» qui arrive par hasard

Il s’appelait Christophe M., il avait 59 ans, il était intermittent du spectacle et vivait à Ivry-sur-Seine. C’est l’homme qui a perdu la vie samedi 17 octobre, à proximité de la Place de la République. Là où la police a nassé des dizaines de milliers de personnes et provoqué des affrontements très violents, saturant l’air de gaz et lançant d’innombrables grenades explosives dans la foule.

Les sources officielles ont d’abord parlé d’un «malaise» puis d’un «arrêt cardio-respiratoire» constaté à 18h56, rue du Château-d’Eau, dans le 10ème arrondissement de Paris, après que la victime ait été prise en charge un peu plus tôt sur le boulevard Magenta.

Depuis, c’est l’omerta. Un mort, sur les lieux d’une grande manifestation très durement réprimée, et rien. Un «arrêt» cardiaque, terme vague, ne désignant aucune cause particulière. Entretemps, les réseaux sociaux ont tenté d’en savoir plus, et des vidéos massivement partagées montraient un autre homme, habillé en street médic, tabassé gratuitement puis porté inconscient par des CRS, sur la Place de la République. Même lieu, tenue semblable, il y avait un doute. Ce n’était pas Christophe, mais Antoine, 26 ans, blessé mais bien vivant, il a témoigné publiquement depuis.

Après près d’une semaine, la famille de Christophe sort désormais du silence. Par la voix de son avocat, Maitre Krassoulia, elle fait savoir que «Christophe n’avait pas de problème de santé» et que ses proches «soupçonnent le maintien de l’ordre, et particulièrement l’emploi abondant de gaz lacrymogènes d’avoir joué un rôle dans son décès». On le sait, le gaz lacrymogène est un puissant produit chimique qui n’a rien d’anodin pour le…

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Auteur: B