Le plus grand ennemi du mouvement social n’est pas la police – malgré sa violence de masse – ni même le gouvernement – malgré sa brutalité et son illégitimité. Ce sont les grands médias, les canaux de communication possédés par les milliardaires d’extrême droite mais aussi les médias publics, dont l’orientation idéologique se rapproche chaque jour de celle de Bolloré.
Depuis trois semaines, ce petit monde se surpasse pour éteindre la lutte, salir ses participant·es et, surtout, ignominie absolue, justifier les actes de torture commis contre des enfants. Dès le début du mouvement lycéen, l’intégralité du paysage médiatique fabriquait pas moins de trois intoxication en deux jours : l’invention d’un «jet d’acide» sur une lycéenne, l’invention d’un proviseur «aspergé d’essence», et enfin le maire de Saint-Denis accusé d’allumer un «feu de poubelle». Des mensonges de masse diffusés dans des millions de foyers, qui n’ont jamais été démentis à l’antenne alors qu’il est prouvé que ce sont de fausses informations.
Un détail ? Pas du tout, ce conditionnement a été la condition préalable à la répression. Sans un discours médiatique qui légitime à l’avance la violence de la police, il n’aurait jamais été possible d’arrêter 8.000 lycéen·nes ni d’en blesser des centaines d’autres. Si les médias disaient la vérité, une telle répression aurait provoqué un soulèvement généralisé.
Autres exemples de cette propagande digne d’une dictature d’un autre temps : les fonds d’écran sur BFM montrant systématiquement des flammes derrière chaque intervenant sur le plateau, imprimant dans les esprits que le mouvement est très dangereux, et délégitimant d’office les rares propos favorables à la mobilisation. Le poids de l’image prime sur les paroles. Imaginons que, depuis trois semaines, les vidéos de tirs dans la tête de lycéen·nes, la tentative de…
Auteur: B
