«Le régime ne tient plus que pas sa police». Nous entendons ce slogan depuis une décennie. Le 17 octobre, la police français a perdu.
Cette police qui est la plus armée d’Europe, la plus meurtrière, la seule à utiliser des grenades explosives, la seule à mutiler autant avec des balles en caoutchouc. Cette police en surnombre et suréquipée comparé à d’autre pays. Cette police qui a une expérience contre-insurrectionnelle unique au monde. Cette police qui se vante de former et conseiller tous les autres pays en matière de répression, en vantant son «savoir-faire» unique forgé à travers des décennies de «gestion» de manifestations et d’opérations coloniales. C’est cette police qui a perdu.
À Paris, Nantes, Rennes, Limoges, Tours, Marseille, elle a dû quitter des quartiers entiers, abandonner du matériel, fuir dans des camions défoncés. Elle avait pour consigne d’attaquer les manifestations du 17 octobre dès le début : c’est ce qu’elle a fait méthodiquement. Selon tous les récits que nous avons reçu, dans de nombreuses villes, sur les points de rendez-vous des cortèges, parfois avant même l’heure du départ, la police a nassé, gazé, chargé, pensant tuer dans l’œuf cette journée. Elle a ainsi allumé un feu qu’elle n’a pas réussi à éteindre. Des policiers se sont retrouvés isolés et molestés à peu près partout.
C’est unique dans l’histoire contemporaine de la France. Pour la première fois, la police a terminé la journée sans contrôler la situation.
À Paris, elle a abandonné des arrondissement entiers et a concentré ses dernières forces, dans la soirée, autour de l’Élysée, qui a été approché par des milliers de personnes révoltées. C’est encore plus insurrectionnel que les Gilets jaunes. La révolution était à portée de main.
Et pourtant, la police a perdu mais nous n’avons pas gagné. Car il nous manque un horizon, un plan de bataille….
Auteur: B
