Il y a quatre-vingt-dix ans, début mai 1936, la coalition de la gauche française – Parti communiste français, Section française de l’Internationale ouvrière (pour la première fois en tête) et Radicaux – remportait une large majorité aux élections législatives, avec un programme du reste assez modéré. Poussée par les bases militantes, cette alliance est née d’un sursaut face à la montée de l’extrême droite factieuse, qui avait tenté de renverser le régime républicain lors de la manifestation émeutière du 6 février 1934 devant la Chambre des députés.
Près d’un siècle plus tard, les analogies avec la situation politique française actuelle semblent nombreuses. En effet, même si les frontières étaient bien plus étanches qu’aujourd’hui, et les vies politiques étroitement limitées aux cadres nationaux, 1936 apparaît comme une des premières dates où les affrontements idéologiques acquièrent une dimension internationale.
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Depuis les années 1920, les extrêmes droites (sous leurs diverses formes, selon les pays) ne cessent de gagner les esprits et en influence. Fin 1922, Mussolini marche victorieusement sur Rome, à la tête de ses Chemises noires qui maltraitent les militants de gauche à travers la péninsule italienne, les assassinant parfois et terrorisant toute forme d’opposition. Le 22 octobre 1922, il est nommé président du Conseil par le roi Victor-Emmanuel III, qui satisfait là les classes dominantes transalpines apeurées depuis les poussées révolutionnaires qui ont vu le jour au lendemain de la boucherie de 1914-1918.
Montée des fascismes
Depuis la fin de la Première Guerre mondiale, des gouvernements dictatoriaux, ou bien peu…
Auteur: Olivier Doubre

