20 000. C’est le nombre de personnes expulsées, que le collectif Le revers de la médaille a affiché sur la Tour Eiffel, dimanche 3 novembre, au cours de sa dernière action. Le collectif est né à l’initiative de Médecins du monde et rassemble une centaine d’associations comme Utopia 56, la Cimade ou encore le collectif Les morts de la rue.
19 526 personnes ont ainsi été déplacées pour accueillir les Jeux Olympiques et Paralympiques (JOP). Des personnes en situation de précarité qu’il fallait invisibiliser, jugées « indésirables ». Maintenant que la fête est finie, l’heure est au bilan, dans un rapport qui vient d’être publié, et le constat est amer.
Des expulsions sans diagnostic social
Cet « effet JO », Thomas Dufermont, chargé de mission à Romeurope et coordinateur de l’Observatoire des expulsions, l’a remarqué, chiffre à l’appui. Augmentation du nombre de personnes expulsées de près de 33 % par rapport à l’année 2021-2022, mais aussi dégradation de la mise en œuvre de ces évacuations. Selon le rapport, deux tiers des expulsions sur les lieux de vie informels se déroulaient sans diagnostic social préalable. Pourtant, depuis l’instruction ministérielle du 25 janvier 2018 encadrant la résorption « des campements illicites et des bidonvilles », ces diagnostics sont censés être systématiques.
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Dans 64 % des cas, aucune solution d’hébergement n’était proposée, selon le collectif. Pour le reste, les personnes se voyaient contraintes de retourner à la rue, dans une encore plus grande précarité. Les fondements légaux de ces procédures d’expulsions, comme les arrêtés préfectoraux, ne permettaient pas d’effectuer des recours juridiques,…
Auteur: Élise Leclercq

