Histoire : «Il faut faire passer peu à peu les instruments de travail dans les mains de ceux qui les emploient»
La date du 21 novembre 1831 à Lyon marque le début d’une révolte qui va laisser un immense héritage pour le mouvement ouvrier et donner pour la première fois un sentiment d’appartenance à une classe pour tout un pan de la population. À cette époque, la ville compte plus de 30.000 compagnons et 8.000 chefs d’ateliers qui travaillent dans la soie.
Première grève et organisations
Depuis le XVIIIème siècle, Lyon est la capitale de la soie qui a fait la fortune d’un petit nombre d’habitants privilégiés, dénommés les soyeux. Quelques dizaines de gros marchands dominent la ville, exploitant les canuts, ces artisans de la soie. De plus en plus prolétarisés, ils ont recours à la grève comme moyen de révolte dès 1744, montrant déjà un certain niveau d’organisation. Des centaines de tisseurs parcourent la ville et déclarent la grève.
Ils engagent un avocat et rédigent un document expliquant leurs revendications. Ils réussissent à faire signer leur ordonnance à tous les marchands de Lyon. Le lendemain, d’autres corporations suivent l’exemple des canuts : charpentier, crocheteur… la bourgeoisie est terrorisée. Pendant une semaine, la ville est gouvernée par les ouvriers. Mais la répression est terrible : des dizaines d’ouvriers sont torturés, marqués au fer rouge et pendus.
En 1791, pendant la Révolution française, la loi Le Chapelier dissout l’ancien système de corporations mais interdit les coalitions d’ouvriers. La bourgeoisie qui arrive au pouvoir veut empêcher la classe travailleuse de s’organiser au sein de syndicats, cela réduit les moyens de lutte pour les canuts. Mais pour échapper à cette loi, les canuts fondent les premières sociétés de secours mutuel, ancêtres de la sécurité sociale. C’est une première forme d’organisation. 27 sociétés de…
Auteur: B

