Dans la pénombre, la place semble déserte. Autour, un ballet incessant de voitures défile avec des automobilistes pressés de rentrer chez eux en ce début de soirée, jeudi 12 décembre. Soudain, des lumières se mettent à clignoter et un petit groupe muni de lampes frontales et de guirlandes apparaît au loin. Une vingtaine de membres du collectif Stop Tomorrowland Alpe d’Huez s’est donné rendez-vous devant la préfecture de l’Isère, à Grenoble, pour manifester leur opposition au festival Tomorrowland Winter.
Le festival de musique électronique se tient dans la station de l’Alpe d’Huez du 15 au 22 mars prochain pour sa 5e édition : 22 000 riches fêtards du monde entier sont attendus pour danser devant les DJ les plus célèbres de la planète, face aux sommets enneigés. L’événement génère un « bilan carbone outrancier » — au moins 6 000 tonnes d’équivalent CO2 en raison des déplacements en avion, selon un calcul effectué par le mouvement Extinction Rebellion — et une pollution sonore et lumineuse importante. « [Il] transforme la montagne en Disneyland », dénonce le collectif.
Sur les pancartes des participants, sont visibles les messages « Winter is not coming » (« L’hiver n’arrive pas »), « Tes décibels déciment les belles cimes » ou encore « This is yesterday land » (« C’est la terre d’hier »). Au son des tambours, l’ambiance est festive et joyeuse.
« Aucun appel d’offres »
Leur objectif : que le bruit atteigne la préfète. Depuis mars, « nous avons adressé plusieurs courriers à la préfecture à propos de la légalité de l’événement et du non-respect de la législation sur les nuisances sonores avec les associations FNE Isère, Mountain Wilderness et Actionnaires pour le climat », dit une jeune femme au micro.
Le collectif a de sérieux doutes sur la convention passée en novembre 2023…
Auteur: Jeanne Cassard

