Annie Genevard fragilise encore un peu plus la préservation des loups en France. Passée du statut d’espèce « strictement protégée » à « protégée », l’animal, qui peut être visé par des éleveurs équipés de lunettes thermiques depuis la loi d’urgence agricole, va aussi pouvoir être davantage abattu.
En déplacement au Sommet de l’élevage, en Auvergne, le 8 octobre, la ministre de l’Agriculture a annoncé un nouveau relèvement du plafond de loups tués légalement. Fixé à 19 % de la population estimée en 2025, soit environ 190 loups, le plafond avait déjà été relevé à 21 % en 2026, soit 227 animaux.
Il pourra désormais atteindre 23 % de l’effectif moyen estimé, a déclaré Annie Genevard. Soit jusqu’à 22 loups supplémentaires. Cette hausse est permise lorsque le seuil de 19 % est atteint avant la fin de l’année. Signe de l’intensification des tirs, ce seuil a été atteint dès le début du mois d’octobre. La ministre est allée plus loin encore. Elle a précisé que « si le plafond de tir n’est pas atteint une année, les loups non éliminés pourront être additionnés au plafond de l’année suivante ».
Aucune étude scientifique ne montre qu’augmenter les tirs réduit durablement la prédation sur les troupeaux. Le chercheur au CNRS et spécialiste du loup Pierre Jouventin explique que la chasse au loup contribue même à son expansion géographique. Car faute de meute pour réguler les comportements, il y a davantage d’attaques sur le bétail.
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