À lyon on est tellement fier*es que cette année on aura deux prides. Celleux qui n’ont pas comme passion de se bouffer des réunions interminables trois fois par semaine tombent de leur chaise, les autres roulent des yeux.
Branle-bas de combat : il semblerait que la peinture n’ait pas suffit à corriger la fissure dans le mur.
Ce qui surgit aujourd’hui est le résultat d’une trop longue fracture entre le milieu LGBTI+ ultra-institutionnel centralisateur et le reste de la “communauté militante” faite d’assos, de collectifs, de réseaux bancals et de groupes indéfinis. Les origines des conflits d’aujourd’hui semblent se perdre dans les méandres de l’histoire, mais heureusement certain*es d’entre nous ont la phobie de l’oubli et la passion du papier permanent.
On vous propose donc de dessiner la trajectoire qui nous a mené jusqu’ici, à coup d’archives et de coups de projecteurs subjectifs, pour bien comprendre le niveau d’emmerde actuel, savoir à quoi s’attendre et selon votre niveau de cynisme choisir la taille de votre sceau de pop-corn.
“L’avant” : raser les murs, brûler la nuit, puis éclairer le jour
C’est pas un secret, la communauté LGBTI+/queer a pendant longtemps existé au travers du monde de la nuit, dans la droite lignée de l’époque où la discrimination était telle que seule la clandestinité était possible. S’afficher même un peu, même à beaucoup, c’était risquer gros.
Les prides sont d’ailleurs nées suite à une descente de police de trop à la Stonewall-Inn en 1969, qui aboutira à des émeutes comme largement documenté par des pancartes lors des marches des fiertés modernes.
Mais lyon n’attend pas les prides françaises et la funk pour bouger. Lors de la manif du 1er mai 1979, un cortège d’une cinquantaine de personnes se forme, rythmé par les « nous sommes tous un fléau social » et une banderole dorée “pédés et lesbiennes en lutte”. Quatre ans avant, on…
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