L’équivalent de quatre fois Paris, des Seychelles ou de l’île caribéenne de la Barbade : c’est ce qui est parti en fumée, en France, depuis le début de l’année. D’après les dernières données satellitaires du Système européen d’information sur les feux de forêt (Effis), 42 810 hectares de végétation ont brûlé entre le 1er janvier et le 22 juillet 2026. À l’exception de l’année 2022, jamais les flammes n’avaient consumé autant de massifs aussi tôt dans l’année.
2 200 hectares à Fontainebleau, 4 400 dans la Drôme, 5 000 dans les Pyrénées-Orientales, 500 en Corse, 2 500 dans le Var… En à peine un mois (entre le 24 juin et le 22 juillet), plus de 15 000 hectares se sont embrasés. Même le nord de la Bretagne, jusqu’à présent préservé des flammes, a été touché : au cap Fréhel, dans les Côtes-d’Armor, 38 hectares de landes ont été dévorés.
Quatre ans seulement après l’incendie catastrophique de la forêt de La Teste-de-Buch, le bassin d’Arcachon est de nouveau en proie à un monstre de feu. Apparu le 22 juillet sur la commune de Saumos, il a ravagé plus de 4 800 hectares en deux jours, et contraint à la fuite plus de 20 000 personnes. Les dommages de tous ces feux sont visibles depuis l’espace, capturés par les satellites du programme européen Copernicus.
Le reste de l’Europe flambe également. Début juillet, en Andalousie, un feu violent a ravagé 6 600 hectares et tué au moins treize personnes. Au nord de Madrid, 32 000 hectares de végétation ont été réduits en cendres par un feu « féroce et sauvage », considéré par les autorités comme l’un « des plus complexes » de l’histoire du pays. 1 200 personnes ont dû être évacuées. En Sicile, plus de 1 000 interventions de pompiers ont été recensées entre le 18 et le 22 juillet. L’île italienne subit des températures supérieures à 40 °C. Partout, le sol sec et les rafales…
Auteur: Hortense Chauvin

