Je compte bien rendre compte durant les semaines qui viennent de deux livres au moins qui donnent un point de vue tout à la fois bien documenté, engagé et critique sur le génocide en cours à Gaza : Gaza devant l’histoire, d’Enzo Traverso, qui dit avoir « voulu porter un regard critique sur le débat politique et intellectuel que la crise de Gaza a suscité, en essayant de démêler le nœud d’histoire et de mémoire qui l’étreint […] une réflexion critique sur le présent et les façons dont l’histoire a été convoquée pour l’interpréter » (extrait de l’introduction) ; et Une Étrange Défaite, de Didier Fassin, qui « livre une analyse urgente et essentielle des interprétations auxquelles l’attaque du Hamas et la guerre menée par Israël ont donné lieu dans les sociétés occidentales pour appréhender les causes et les conséquences du consentement passif ou actif à la destruction de Gaza et au massacre de sa population » (présentation de l’éditeur). Mais pour l’heure, je voudrais vous parler d’un livre qui ne vient pas non plus directement de Gaza : en effet, Mohammad Sabaaneh est un artiste palestinien qui vit à Ramallah. Ses livres sont composés d’images plus que de textes et publiés par l’excellente et encore trop méconnue maison d’édition Alifbata.
Depuis 2015, Alifbata s’est lancée dans l’exploration du roman graphique et de la bande dessinée en langue arabe. Après Je ne partirai pas, l’an passé, Alifbata publie aujourd’hui 30 secondes à Gaza.
30 secondes. C’est le temps que durent les vidéos postées depuis Gaza sur les réseaux sociaux. Trente secondes pour un bref aperçu de l’enfer que vivent les Gazaouis. Trente secondes de l’horreur subie par des êtres ni plus ni moins humains que nous. Trente secondes d’images au « contenu sensible » nous dit parfois l’avertissement, contenu insoutenable pour beaucoup d’entre nous. Que dire alors de ce…
La suite est à lire sur: lundi.am
Auteur: dev

