Actrices et acteurs du monde économique, nous unissons nos voix à celles des universitaires signataires de la tribune « L’accord de Paris ne suffira pas : la France doit soutenir un traité de non-prolifération des énergies fossiles », publiée dans Le Monde le 14 septembre, pour exhorter le gouvernement français et l’Assemblée nationale à soutenir le projet de traité de non-prolifération des énergies fossiles, déjà soutenu par le Parlement européen, l’OMS [Organisation mondiale de la santé], huit Etats et 94 entités territoriales dont la Californie.
Les rapports se succèdent, et les interventions de scientifiques nous alertant sur les conséquences catastrophiques de la perpétuation de notre fonctionnement actuel (le business as usual) sont de plus en plus fréquentes et virulentes.
Les biologistes et physiciens notamment, d’habitude peu diserts sur nos choix économiques et politiques, sortent de leur réserve scientifique, et portent leurs arguments devant le Medef ou dans les grandes écoles.
Le message est clair, mais la conclusion est difficile à avaler. Depuis cent cinquante ans, nous avons adossé le développement de nos sociétés et nos conceptions du progrès et de l’innovation sur l’utilisation d’énergies fossiles qui représentent aujourd’hui 80 % du mix énergétique mondial, et 60 % du mix français.
Aujourd’hui, ces énergies fossiles menacent la paix et la prospérité mondiales, tout autant que la course à l’armement durant la guerre froide.
Interdire les nouveaux projets d’exploration-exploitation fossile
L’ampleur et la rapidité de la réaction nécessaire pour changer de cap requièrent une planification économique digne d’une économie de guerre. Deux faits sont particulièrement dérangeants. Premièrement, tout nouveau projet d’exploration-exploitation fossile menace de faire passer le dérèglement climatique au-delà d’un point d’emballement aux conséquences…
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Auteur: La Relève et La Peste

