Histoire d’une révolte paysanne qui a terrifié les puissants
C’était il y a 237 ans exactement. Dans la nuit du 4 au 5 août 1789, la France connaissait un basculement inédit. C’est la fameuse nuit de «l’abolition des privilèges». Un peu d’histoire.
Avant l’abolition des privilèges, la France est entrée dans un processus révolutionnaire depuis plusieurs mois. Des émeutes et des révoltes ont lieu en divers endroits, par exemple à Rennes, Grenoble, ou dans les campagnes contre les seigneurs locaux. Des revendications remontent de partout sous forme de «cahiers de doléances». Et depuis des décennies, la colère couve contre l’absolutisme royal, la lecture progresse, les idées se diffusent.
Pour tenter de calmer la situation et reprendre la main, le Roi a convoqué des représentants des trois «ordres» – le clergé, la noblesse et le Tiers-État à Versailles. Ces États généraux se sont transformés en Assemblée constituante : après avoir constaté que leur salle de réunion avait été fermée par les autorités, les représentants venus de toute la France renversent la table et jurent de donner une Constitution à la France. Le 14 juillet, le peuple parisien prend les armes et attaque la Bastille, symbole de la répression royale. Tout est allé à une vitesse folle, et l’été s’annonce bouillant. Mais contrairement à ce que beaucoup imaginent, ce n’est ni la prise de la Bastille ni les débats à Versailles qui bouleversent vraiment la situation, c’est le soulèvement des paysans.
À cette époque la France est un pays rural. L’immense majorité de la population est à la campagne et cultive la terre. La paysannerie se soulève régulièrement depuis plusieurs décennies et subit à chaque fois une répression atroce. Mais cet été 1789 les émeutes paysannes, appelées «jacqueries» vont prendre une ampleur inédite.
Dans les villages, des rumeurs se répandent. Des troupes de…
Auteur: B

