Leur demande : la suspension des tirs d’été – qui concernent principalement les chevreuils et sangliers – et le report de l’ouverture générale, fixée par les préfets en septembre. Leur objectif : offrir un répit à une faune déjà durement éprouvée.
« Des millions d’animaux meurent directement dans les flammes. D’autres succombent à la déshydratation, à l’épuisement ou à la disparition de leurs ressources alimentaires. Les survivants fuient des habitats dévastés, cherchent de nouveaux refuges », expliquent l’ASPAS, AVE, One Voice, Focale pour le sauvage et le Pôle Grands Prédateurs.
« Alors que l’ouverture générale de la chasse approche, maintenir cette activité de loisir reviendrait à imposer un stress supplémentaire insupportable à une faune déjà exsangue. »
« On parle des traumatismes humains, mais pas de ceux qu’ont subis les animaux : on nie leur sensibilité », ajoute Mickaël Paul, co-président du Pôle Grands Prédateurs. « Ils ont subi l’incendie, certains ont perdu des petits dans les flammes. On ne peut pas rester insensible à cette détresse. »
La proposition d’un recul de l’ouverture de la chasse est pourtant balayée par le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen. Il qualifie la proposition de « ridicule » et « idéologique » dans les colonnes de La Dépêche du Midi du 23 juillet, ciblant au passage les « écolos qui n’y connaissent rien ».
Selon lui, la décision de chasser ou non dans des zones touchées par les incendies doit être prise localement par les chasseurs eux-mêmes : « On sait très bien ce qu’on a le droit de chasser ou non. Tout est organisé, quantifié… On ne va pas aller tirer sur des populations d’animaux s’ils ont été mis à mal par les incendies. On sait juger par nous-mêmes ».
Une pétition intitulée « Pas de fusils sur les cendres », lancée le 14 juillet, a recueilli plus de 392 000…
Auteur: Eloi Boye

