L’Observatoire de la rémunération agricole équitable de l’association Max Havelaar a publié les résultats de sa première étude. Entre 2015 et 2024, 43 % des agriculteurs ont en moyenne perçu un revenu inférieur au Smic, avec des variations allant de 30 % à 55 % selon les années. Plus préoccupant encore, 14 % produisent à perte, alors même que beaucoup travaillent bien au-delà de 35 heures par semaine.
“On paie la nourriture de plus en plus cher, l’État soutient davantage le secteur, et pourtant de trop nombreux agriculteurs ne s’en sortent toujours pas”, alerte Vincent Chatellier, ingénieur de recherche au département ÉcoSocio de l’Institut national de recherches en agronomie et environnement (Inrae), auprès de La Relève et La Peste.
Un déséquilibre croissant
L’économiste explique la situation par un déséquilibre croissant : “D’un côté, certaines charges augmentent d’année en année, par exemple, les tracteurs ont pris près de 30 % en dix ans ! De l’autre, les prix de vente ne suivent pas toujours comme par exemple les céréales où un fort recul a été constaté depuis 2022. Entre les deux, l’écart est de plus en plus violent.”
Dans ce contexte, l’activité agricole n’est pas toujours ce qui contribue le plus au budget des ménages agricoles. Selon l’INSEE, elle ne représenterait qu’environ 35 % du revenu des ménages. Le reste provient d’autres ressources, comme une activité non agricole ou des pensions.
Les agriculteurs disposant d’un revenu complémentaire (29 % d’entre eux) affichent ainsi un niveau de vie médian supérieur d’environ 5 000 euros par an à ceux qui vivent uniquement de leur exploitation Dans les ménages, l’emploi du conjoint joue souvent un rôle déterminant, constituant un véritable filet de sécurité.
La comparaison du revenu agricole au Smic reste à manier avec précaution, comme le souligne Vincent Chatellier. “Le revenu agricole ne…
Auteur: La Relève et La Peste

