46 % des poissons pêchés pourraient servir à nourrir des poissons d'élevage d'ici 15 ans

Piller l’océan, non pas pour nourrir des humains… mais des poissons d’élevage. Tel est l’horizon vers lequel le secteur de la pêche se dirige, alerte l’ONG Changing Markets dans un rapport publié le 3 septembre, en partenariat avec l’université de Colombie-Britannique (Canada). D’après leurs projections, si l’aquaculture augmente sa production de 75 % d’ici à 2040 — comme le prévoit l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture —, près de la moitié (46 %) des poissons sauvages pêchés le seront pour être réduits en aliments pour animaux d’élevage, notamment des saumons et des crevettes.

Les tenants de l’aquaculture vantent souvent le secteur comme une solution à la surpêche. L’analyse de Changing Markets montre qu’il risque, au contraire, de la renforcer. « On ne peut pas, du jour au lendemain, élever un saumon végétarien », explique à nos confrères du Guardian Tara Ganesh, responsable de campagne au sein de l’ONG.

Afin de nourrir les poissons d’élevage carnivores dont nous nous repaissons, l’aquaculture augmente la pression sur des populations de poissons surexploitées. C’est notamment le cas des anchois et des sardinelles, dont la pêche et la transformation, en Afrique de l’Ouest, posent d’importants problèmes socio-économiques.

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Les usines qui fabriquent la farine de poisson avec laquelle sont nourris les poissons d’élevage sont accusées par leurs riverains de polluer l’air et l’eau. Elles privent par ailleurs la population d’emplois et de calories. D’après une précédente analyse de Changing Markets, une quantité de poisson suffisante pour nourrir 33 millions de personnes en Afrique de l’Ouest est transformée chaque année en aliments pour poissons d’élevage, majoritairement consommés par les Occidentaux.

L’ONG

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