« Une personne du groupe a été empêchée de contacter son enfant mineur pendant 55 heures ! » Six semaines après son arrestation, Camille* peine toujours à réaliser le traitement subi pour elle et ses camarades. Elle est une des huit personnes soupçonnées d’avoir peint le message « Stocamine contamine » sur un pont à Dorlisheim, dans le Bas-Rhin, le 2 novembre dernier.
D’après le code pénal, un tag est passible d’une amende et d’une peine de travaux d’intérêt général. Pourtant, ces huit militantes se sont retrouvés en garde à vue durant 46 heures, retenus dans cinq gendarmeries différentes.
Stocamine est une décharge souterraine à Wittelsheim, près de Mulhouse. Son activité a commencé en 1999. Pendant trois ans, 42 000 tonnes de déchets industriels contaminés au cyanure, à l’arsenic ou encore à l’amiante, ont été stockés dans ces galeries minières, à 400 mètres sous l’un des plus grandes nappes phréatiques d’Europe, alimentant au moins 5,6 millions de personnes en eau potable, rappelle le média indépendant Rue89 Strasbourg qui consacre de nombreux articles à ce sujet qu’il qualifie de « fiasco industriel »
En 2002, un incendie causé par des déchets irréguliers a mis fin à l’activité de Stocamine. 23 ans plus tard, les déchets sont toujours sur place et l’État français planifie de les confiner avec un sarcophage de béton. Le 17 juin dernier, le tribunal administratif de Strasbourg a repris les arguments de l’État pour autoriser le confinement définitif de ces déchets. Le collectif Destocamine lutte contre l’enfouissement définitif depuis plus de 20 ans. Extinction Rebellion a aussi mené plusieurs actions ces derniers mois.
Deux nuits en cellule
« Ce qui est fou c’est qu’on ne nous a pas signalés au début qu’on…
Auteur: Sophie Chapelle

