Basta! recense 49 décès liés à une intervention des forces de l’ordre – police, gendarmerie et police municipale – en 2025. Ce chiffre pourra éventuellement évoluer lorsque les rapports de « la police des polices », IGPN (pour les policiers) et IGGN (pour les gendarmes), seront publiés. Il est pour l’instant inférieur aux décès de 2024, au nombre de 69 – un niveau inédit depuis que nous tenons à jour cette base de données sur les interactions policières létales. Au-delà des chiffres, ce sont les circonstances dans lesquelles ces décès se produisent qui livrent des éléments sur la légitimité – ou non – du recours à la force dans ces 49 décès.
La police nationale est impliquée dans plus d’une trentaine d’affaires, la gendarmerie dans une dizaine de cas et la police municipale dans cinq décès. Ces interventions létales recouvrent des situations très différentes : des personnes qui ont elles-mêmes ouvert le feu sur les forces de l’ordre ou qui viennent de perpétrer un féminicide ; des personnes en décompensation psychique et jugées, à tort ou à raison, menaçantes ; des adolescents tentant d’éviter un contrôle de police ; ou des personnes interpellées et victimes d’un « malaise » entre les mains de la police. Plusieurs affaires soulèvent des interrogations, en particulier quand la version policière diffère de celle de témoins de la scène.
Les morts par balle représentent près de 40% des cas de personnes décédées suite à une intervention policière
© Stpo/ Basta!
Morts par balles, armés ou non
Cela reste la première cause de décès : lorsque policiers ou gendarmes font usage de leur arme à feu, ce qui est le cas dans dix-neuf de ces décès. Dans quatre de ces interventions, les forces de l’ordre ont été amenées à riposter. Sur une aire d’autoroute à Selongey, en Côte-d’Or, le 8 février 2025, des policiers du Raid en filature sont visés par…
Auteur: Ludovic Simbille

