Isla Mayor (Espagne), reportage
« Ce ne sont pas des balivernes, le moustique tue ! » lance « Juanjo », fondateur de la plateforme Lutte contre le virus du Nil. Il prend ainsi la parole depuis la petite tribune installée lundi 2 septembre devant la mairie d’Isla Mayor, près de Séville, dans le sud de l’Espagne. Avec ses 5 700 habitants et quelques immeubles bas érigés au milieu d’une plaine sur laquelle s’étendent des rizières à perte de vue, la commune est au cœur d’une zone affectée cette année par une invasion historique de moustiques.
Ceux-ci sont vecteurs du « virus du Nil », qui frappe durement les 13 communes à l’embouchure du fleuve Guadalquivir. Quatre personnes sont mortes depuis le début de l’été. À quoi s’ajoutent une dizaine d’hospitalisations, au moins, qui laisseront peut-être de lourdes séquelles. Depuis un mois, un mouvement citoyen exige des mesures efficaces face à ce nouveau mal qui gagne du terrain en Europe avec le changement climatique, et sur lequel les scientifiques alertent depuis plus de dix ans.
Ces drames auraient pu être évités. « Dans les rizières du delta de l’Èbre, on utilise un bacille qui n’attaque que la larve du moustique quatre fois par an depuis dix ans, [et le problème n’atteint pas cette dimension] », explique Jordi Figuerola, spécialiste de la question à la Station biologique de Doñana, organe du Conseil supérieur d’investigation scientifique d’Espagne (CSIC) qui étudie et surveille les zones humides du « Bas Guadalquivir ».
« J’ai été pris de terreur »
« Nous demandons à ce que le gouvernement régional d’Andalousie, le gouvernement de la province de Séville et les communes se mettent au travail de manière coordonnée », explique Juan José Sánchez — « Juanjo » —, qui a fondé la plateforme il y a à peine plus d’un mois.
Le premier décès de l’année dans son village, La Puebla del Río, l’a…
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Auteur: Alban Elkaïm

