Donald Trump ne s’en cache plus : il veut mettre la main sur les réserves de pétrole du Venezuela, les plus importantes au monde. Quelques heures à peine après la capture du président vénézuélien Nicolás Maduro, le président des États-Unis a annoncé en grande pompe le retour des compagnies pétrolières américaines (ExxonMobil et ConocoPhillips) sur les gisements vénézuéliens. Une course effrénée à l’or noir, dont les conséquences sont désastreuses.
Explosion des émissions polluantes, destruction de la biodiversité, déplacement des peuples autochtones… Reporterre donne cinq raisons de laisser ce pétrole dormir dans le sol vénézuélien.
1. Une bombe carbone
Plus de 300 milliards de barils dorment dans les sols du Venezuela, faisant de ce pays le plus grand réservoir au monde. Les plus importants gisements se situent au nord-est, dans la ceinture pétrolière de l’Orénoque, nom du fleuve passant à cet endroit. Ils constituent l’une des 601 bombes climatiques recensées par un consortium d’associations.
Le possible retour des majors pétrolières étasuniennes sur ce gisement pourrait libérer au moins 2,85 milliards de tonnes de CO2 dans l’atmosphère, selon les dernières estimations. C’est l’équivalent de 2 % de notre budget carbone — quota d’émissions maximal qu’il reste à la Terre pour rester sous la barre de 1,5 °C, conformément à l’objectif de l’Accord de Paris —, passé de 500 à 130 milliards de tonnes de CO2 depuis 2020.
« Dans l’immédiat, l’exploitation de ce gisement vénézuélien ne va pas radicalement changer la donne climatique, mais si Trump met ses plans à exécution, on verra peut-être de nouvelles bombes carbone au Venezuela », dit Kjell Kühne, docteur à l’université de Leeds (Royaume-Uni) et directeur de l’ONG Lingo, ayant participé à l’identification des 601 bombes climatiques.
D’autant que l’Agence internationale de l’énergie (
Auteur: Scandola Graziani

