1) Il y a trois ans, le congrès de la CGT a été très houleux et la direction réformiste sortante a été fortement contestée, notamment Martinez. Alors que la ligne de la CGT ne semble pas avoir vraiment bougé, que l’année syndicale 2025/26 a été singulièrement atone, comment expliques-tu que l’on ne voit guère monter au créneau l’opposition de classe qui avait été très visible il y a trois ans ?
Il est un fait que le 53e Congrès avait mis en évidence de manière révélatrice de nombreux clivages au sein de la CGT. Je veux rappeler, ce que l’on oublie souvent, le Congrès Confédéral de la CGT est le congrès des syndicats d’entreprises et non celui des structures de la CGT. Il est important d’en tenir compte pour comprendre où en est celle-ci.
Ces désaccords étaient à la fois l’expression forte de délégués de syndicats de voir maintenu une orientation de lutte de classes indépendante, c’est à dire des principes d’organisation, une identité et une orientation anticapitaliste et anti-impérialiste. Cette volonté faisait face à une direction confédérale arque boutée sur la vision d’un réformisme syndical euro compatible privilégiant dorénavant le dialogue social et la gestion de la crise. Pour bien apprécier ce changement qualitatif, il faut rappeler que les directions confédérales qui se sont succédées ont cherché à imposer depuis plus de vingt ans un recentrage baptisé « syndicalisme rassemblé » mais sans grand succès. A la fin de son mandat, Louis Viannet m’avait dit un jour entre quatre yeux pour justifier un aggiornamento dans la CGT « nous ne resterons pas le dernier carré ». Le 53e congrès apporta une autre réponse. Ce changement se concrétisa pour la première fois dans la longue histoire de la Confédération, par le rejet majoritaire du rapport d’activité présenté par le secrétaire général. Ce dernier fût mis en minorité.
Pour la première fois également, un…
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