Où en est le mouvement et ce qui nous a manqué : analyse
Jeudi 2 octobre, c’était le troisième «Acte» de la mobilisation inaugurée par le mouvement «Bloquons tout» le 10 septembre. C’était aussi une grande opération d’enterrement de la révolte et de maintien de l’ordre. La CGT revendique 600.000 manifestants, et le Ministère de l’Intérieur parle de 195.000 dans les rues. C’est deux fois moins que la précédente journée de grève, le 18 septembre, qui avait réuni plus d’un million de personnes, et c’est à peine le nombre de personnes qui ont manifesté le 10 septembre, dans le cadre d’un appel totalement auto-organisé, sans l’appui des centrales syndicales, et face à une répression extrême.
La patronne de la CGT a beau déclarer que «c’est la première rentrée sociale où il y a ce niveau de mobilisation», il faut bien dire la vérité : le grand souffle qui s’était levé il y a un mois a été canalisé et en partie étouffé.
L’enterrement du 2 octobre
Ce sont des témoignages remontant de plusieurs villes jeudi soir qui résumaient sans doute le mieux la situation : «C’est un peu la débandade ici» expliquait un habitant d’une ville de l’Est de la France très mobilisée le mois dernier. «C’était la manif la plus triste depuis longtemps» expliquait un manifestant normand. Un nantais décrivait une manifestation aux allures de procession funéraire : «une heure de marche entre deux lignes de flics».
Interrogée sur France Inter quelques jours avant la grève, Sophie Binet, la dirigeante de la CGT, déclarait avec un air ahuri «mais nous on ne veut pas la chute de ce gouvernement», et appelait à dialoguer avec le Premier ministre d’extrême droite. Quel est son mandat pour affirmer cela ? Les syndiqués CGT sont très largement pour la chute du gouvernement, les a-t-elle consultés ?
Cette prise de parole ahurissante démontre une absence totale de volonté…
Auteur: B

