Guitrancourt (Yvelines), reportage
Nous empruntons une route privée, serpentant à travers un bois dans le paysage verdoyant du parc du Vexin, à l’ouest de Paris. Difficile d’imaginer que ce territoire, recouvert de champs et forêts, est aussi le réceptacle de quantités gigantesques de déchets. C’est pourtant là que se préparent deux projets industriels, suscitant de fortes interrogations des habitants, élus et défenseurs de l’environnement.
Reporterre a eu accès en exclusivité à une visite du site de stockage de déchets d’EMTA, filiale de Sarp Industries, appartenant au groupe Veolia, organisée par l’entreprise à la demande du maire de Guitrancourt, village de 640 habitants situé à quelques centaines de mètres. Le groupe ambitionne un accroissement du stockage de déchets dangereux et la construction d’une nouvelle usine pour les « stabiliser », classée Seveso seuil haut. L’autre projet, porté par la société Heidelberg, prévoit la création d’une installation de stockage de déblais des chantiers du Grand Paris.
3,6 millions de tonnes de déchets enfouis
Arrivés à l’entrée du site d’EMTA, à environ 250 m des premières habitations de Guitrancourt, le décor est soudain bien moins bucolique. Le site d’enfouissement reçoit des déchets « ultimes », qui ne peuvent être réutilisés ou valorisés pour des raisons techniques ou de rentabilité. C’est l’une des deux seules unités de stockage des déchets dangereux en Île-de-France, avec celle de Suez à Villeparisis (Seine-et-Marne), qui a elle aussi récemment obtenu l’autorisation d’augmenter ses capacités.
Le directeur, Thierry Villerio, se veut rassurant : « Un contrôle administratif est réalisé à l’arrivée de chaque camion et, selon le type de déchet, des échantillons sont prélevés pour être analysés dans notre laboratoire. S’ils sont en-dessous des seuils réglementaires, ils peuvent être acceptés en…
Auteur: Léa Guedj

