La Croix : Comment la revue Christus est-elle née ?
Père Thierry Anne : En 1954, l’Église et la société connaissaient des tensions importantes, et les jésuites ont éprouvé la nécessité de revenir aux sources et aux fondamentaux, avec le développement de la patristique et des études bibliques. Les jésuites espagnols avaient commencé à travailler sur les grands textes des débuts de la Compagnie de Jésus. Ils avaient redécouvert la façon qu’avait Ignace de Loyola de donner les Exercices spirituels, avec un accompagnement individuel au cours d’une retraite ou dans la vie quotidienne, plutôt que dans une prédication adressée à tout un groupe. Le père Maurice Giuliani est parti un an en Espagne. Il en est revenu avec le projet de fonder cette revue, ainsi qu’une collection qui donne accès en français aux grands textes des premiers jésuites.
Agnès Manooretonil :Christus est née dans la grande effervescence intellectuelle de l’après-guerre. Les fondateurs avaient été formés dans un monde en guerre. Ils étaient très sensibles à la gravité des moments qu’ils vivaient. La revue a été conçue pour aider ses lecteurs à prendre des décisions dans un monde complexe. Ce qui explique l’ouverture des sujets qu’elle traite, outre la prière ou le combat spirituel, comme la vie au travail ou l’engagement dans la cité. À partir des années 1960, les questions spirituelles ont été enrichies par l’apport des sciences humaines, la sociologie, la psychologie, la psychanalyse…
À quelle demande spirituelle cherchez-vous à répondre aujourd’hui ?
A. M. : Nos lecteurs sont en majorité des laïcs engagés dans l’Église et dans l’accompagnement de situations très diverses. Ils cherchent à affiner leur comportement et leurs propos face aux personnes qu’ils accompagnent, dont les demandes sont de plus en plus complexes. Ils ont envie de comprendre en quoi leur vie spirituelle est affectée par…
Auteur: Recuelli par Christel Juquois

