Quels enseignements peut-on tirer de ce 1er tour des élections municipales ? Rappelons, tout d’abord, qu’il s’agit de scrutins locaux, avec autant de configurations que de communes, avec chacune leurs contextes spécifiques, la personnalité propre aux candidats et candidates. Difficile, donc, de dresser un état des lieux précis des rapports de force nationaux. D’autant que, dans de nombreuses petites communes, les étiquettes politiques sont effacées. Les résultats offrent cependant une photographie du paysage politique et des évolutions à l’œuvre, six mois avant des élections sénatoriales et, surtout, un an avant le scrutin présidentiel.
Premier enseignement : malgré le rôle très concret que peuvent jouer les maires et leurs équipes dans la vie de leurs administrées, l’abstention est forte. Un peu plus d’une électeurice sur deux (environ 57 %) s’est déplacée pour voter. La défiance vis-à-vis de la politique demeure conséquente.
Le RN garde ou conquiert 21 villes dès le 1er tour
La menace d’extrême droite reste, pour le moment, concentrée dans les zones de force traditionnelles du FN/RN : le pourtour méditerranéen et le nord de la France. C’est là que le RN et ses alliés parviennent désormais à aspirer une large partie de l’électorat de droite, parfois à l’aide de subterfuges plus ou moins efficaces. Sur les 21 villes que le RN/FN garde ou conquiert dès le 1er tour, dix communes se trouvent sur le pourtour méditerranéen et sept dans les Hauts-de-France. Là où un maire sortant RN ou affilié se représentait, il l’emporte souvent de manière très large, comme à Bruay-La-Buissière (Pas-de-Calais) avec 82 % des voix, à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) avec près de 78 % des voix, Beaucaire (Gard) avec 60 %, ou encore Perpignan (Pyrénées-Orientales) et Fréjus (Var) avec un peu plus de 50 % des voix. A cette liste, s’ajoutent des villes gagnées par des maires d’extrême…
Auteur: Ivan du Roy

