Depuis le 10 décembre, le collectif occupe la Gaîté lyrique, permettant à plus de 400 mineures de ne pas dormir à la rue.
Pour nous les filles, c’est encore plus difficile de rester dehors. Ici, en France, dans la rue il fait froid et c’est dangereux parce qu’il y a des hommes qui peuvent nous agresser. Il y a des hommes qui peuvent profiter de la situation, nous proposer de venir chez eux, abuser de nous. Ils nous trouvent dans des situations compliquées, ils en profitent. Parfois tu mets en cause quelqu’un à cause de la situation. Et c’est pas que tu aimes, parce que tu te trouves vulnérable. Et tu vas former une autre société, et là tu vis sur des responsabilités. Mais grâce à l’occupation de la Gaîté, nous, les filles du collectif, on n’est pas à la rue.
Depuis le début de l’occupation, le collectif a accueilli plusieurs femmes enceintes ou avec des enfants de moins d’un an. Quand on a appelé le 115, ils ont dit que les bébés de plus de 4 mois n’étaient pas prioritaires. Mais grâce à l’occupation, ces mamans ne sont pas à la rue.
Mais vivre à la Gaîté c’est aussi compliqué pour nous les filles. Il n’y a pas de douche et même si on a nos règles, on ne peut pas se laver. Ici, on mange que le soir et le petit-déjeuner. On est souvent malades et on nous envoie dans les hôpitaux pour que l’on puisse soigner. Ils nous font des prises de sang mais ne nous expliquent pas les résultats. En fait, on ne se sent pas soignées.
En Guinée, en Côte d’Ivoire, on fête aussi les droits des femmes le 8 mars. En Guinée, ce sont les femmes qui font tout le travail pour cultiver, pour vendre des produits au marché et ramener l’argent pour la famille, alors les hommes ne trouvent pas de travail, et parce qu’il n’y a même pas de salaire pour elles à la maison pour tout faire. Sans les femmes, il n’y a pas d’éducation des enfants. Trop d’hommes disent que les femmes ne sont pas importantes pour la…
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