80 ans de la Libération : de 1943 à 1945, ces films qui ont fait la mémoire des maquis

⬪ Septembre 1943, l’appel à l’aide du maquis de l’Ain

En septembre 1943, un opérateur monte pour la première fois au maquis. Équipé d’une caméra professionnelle 35 mm, il se rend dans les camps de l’Ain et de Haute-Savoie. Ces images sont exceptionnelles par leur précocité et leur qualité ; elles le sont aussi par les risques que prirent les résistants en livrant leurs visages à la caméra.

Le tournage a été initié par Henri Jaboulay, le chef régional des maquis. Depuis quelques mois, la résistance connaît une mutation majeure : l’arrivée en nombre, dans ses camps, de réfractaires au STO qu’il faut nourrir, entraîner, équiper. Londres a envoyé deux agents de renseignement pour évaluer le potentiel opérationnel de cette armée de l’ombre. Les images doivent prolonger l’effet de leur visite : le film fera connaître les maquis aux Alliés et il les rassurera sur leurs capacités militaires.

Le cameraman valorise donc les scènes d’instruction et d’entraînement des résistants et il fixe l’image d’une armée organisée, disciplinée, capable de jouer un rôle militaire dans la stratégie alliée. Mais Henri Jaboulay vise un second objectif : il veut alerter la France libre et les Britanniques sur l’extrême dénuement des maquisards dans l’espoir de recevoir des parachutages d’armes et d’équipements. C’est pourquoi l’opérateur insiste sur la précarité de la vie dans les camps, les souliers usés des combattants, leurs vêtements trop légers pour affronter l’hiver.

Ces rushs arrivent à Londres après un long périple via l’Espagne. Ils n’y passent pas inaperçus. Churchill les fait projeter dans sa résidence privée et les services de la France libre les montent dans Ceux du maquis, un court métrage commenté par Maurice Schumann. Le porte-parole du général de Gaulle relaie le double message des…

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