Il n’aura pas fallu longtemps aux habitants des Tuvalu, archipel situé dans l’océan Pacifique Sud, pour manifester leur intérêt pour le « visa climatique » mis à leur disposition par l’Australie.
Au 18 juillet, date de fermeture de la vague de candidatures inaugurale, 8 750 demandes ont été enregistrées, selon les chiffres du Haut-commissariat australien dans l’archipel. Le tout en l’espace d’un mois. Un nombre qui représente 82 % de la population totale de l’archipel, qui pourrait devenir inhabitable d’ici 2100 en raison de la montée des eaux.
En 2023, les Tuvalu et l’Australie avaient annoncé la signature d’un traité (l’Union Falepili) qui reconnaissait le changement climatique comme la principale menace pesant sur l’archipel des Tuvalu. Le texte inclut la création d’un visa australien spécial, permettant aux habitants des Tuvalu d’obtenir la résidence permanente en Australie. Qualifié par de nombreux médias de premier visa de « réfugié climatique », il permettra, en 2026, à 280 Tuvaluans tirés au sort d’immigrer en Australie.
Rester dans l’archipel : priorité N°1
Qualifier ce document de « visa climatique » serait toutefois inexact, selon Jane McAdam, directrice du Centre Kaldor pour le droit international des réfugiés de l’université de Nouvelle-Galles du Sud, à Sydney. Les Tuvaluans « peuvent postuler pour les raisons qu’ils souhaitent, il n’est pas nécessaire de prouver qu’ils sont affectés par les effets du changement climatique », rappelle-t-elle.
Le nombre massif de candidatures ne tient donc, selon elle, pas uniquement dans la volonté d’un exil climatique.
« On ne peut pas dire que 80 % des Tuvaluans souhaitent désespérément quitter les Tuvalu demain. Nombre d’entre eux ont comme priorité N°1 de rester, poursuit Jane McAdam. Certains voient davantage ce visa comme une opportunité, un filet de sécurité. Ils sont libres d’aller…
Auteur: Léo Roussel

