La dernière fois que l’injure avait fait irruption dans le champ politique français et même francophone (en tout cas, à ma connaissance), c’était dans la bouche de Sarko président en 2008, lorsqu’en déplacement au salon de l’agriculture et en réponse à un passant qui refusait de lui serrer la main il lui envoyait son désormais (tristement) célèbre : « casse toi pauv’con« .
Dix-sept ans plus tard (2025), c’est cette fois la « première dame », Brigitte Macron, qui dans une séquence tout à fait officielle mais éditorialisée comme étant « Off », se fend d’un « S’il y a les sales connes, on va les foutre dehors. » En référence aux militantes féministes manifestant à l’entrée des spectacles de l’acteur Ary Abittan accusé de viol (et qui a bénéficié d’un non-lieu).

Cette polémique intervient dans un contexte où la « grande cause » du 1er quinquennat Macron était celle de la lutte contre les violences faites aux femmes. Et où donc la dernière grande causerie de son 2nd quinquennat est de lutter contre les sales connes qui font rien qu’à embêter Gérard (Depardieu), Ary (Abittan), et les autres.
Un contexte dans lequel, également, de Darmanin à Hulot et jusqu’à Depardieu, Emmanuel Macron a toujours entretenu une posture a minima problématique dans le soutien affiché à ses amis, ministres ou figures emblématiques de la nation plutôt qu’à la présomption d’innocence et à la parole des femmes victimes.
Un contexte, enfin, où la parole de Brigitte Macron est toujours en arrière-fond polluée par l’ensemble des saloperies et calomnies sur sa supposée véritable identité de genre. Du coup au moment où j’écris cet article (vit’fait entre deux cours et réunions le matin du 9 décembre) je suis prêt à parier sur le fait que dès ce soir certains éditos traiteront cette prise de parole (qui reste fondamentalement inacceptable) sous l’angle pervers du…
Auteur: Olivier Ertzscheid

