Le plus vaste écosystème de la planète est aussi le moins connu. Dans le cadre d’une étude publiée le 7 mai dans la revue Science Advances, une équipe de chercheurs a calculé que moins de 0,001 % des grands fonds marins (les zones situées à plus de 200 mètres de profondeur) étaient connus de l’humanité. Alors qu’ils comptent pour 66 % de la surface de la planète, les scientifiques n’ont jamais pu en observer que 3 823 km2. Les 99,999 % restants n’ont jamais été étudiés de visu.
Cette connaissance infinitésimale est « problématique », selon les chercheurs, compte tenu de l’importance de cet écosystème pour la survie de notre espèce et de l’ampleur des menaces qui pèsent sur lui. L’océan profond absorbe 90 % de l’excès de chaleur et 30 % du dioxyde de carbone émis par les activités humaines, rappellent-ils. Les projets d’exploitation minière des abysses, autorisés fin avril par l’administration Trump, risquent de lui causer des dommages « irréparables ».
De plus, 65 % des explorations du plancher océanique ont été conduites dans un rayon de 200 milles nautiques (370 km) autour de seulement trois pays, les États-Unis, le Japon et la Nouvelle-Zélande. Et 97 % des 44 000 plongées réalisées depuis 1958 ont été faites sous l’égide de cinq pays : les États-Unis, le Japon, la Nouvelle-Zélande, la France et l’Allemagne. L’Afrique, à l’inverse, n’a jamais mené la moindre mission d’exploration des grands fonds marins.
Résultat : les océanographes s’appuient en grande partie, pour comprendre l’océan profond, sur un échantillon de données « incroyablement petit et biaisé ». À titre de comparaison, si les scientifiques travaillant sur les écosystèmes terrestres disposaient d’un jeu de données équivalent, ils ne connaîtraient que 1 489 km2, soit l’équivalent de la Guadeloupe.
Même si 1 000…
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