L’Union européenne a frôlé le fiasco. À cinq jours de l’ouverture de la COP30 au Brésil, les Vingt-sept n’avaient toujours pas présenté leur feuille de route pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre à horizon 2035 — initialement censée être restituée à l’ONU en février dernier. Désormais, voilà chose faite. Le 5 novembre au matin, un compromis a été arraché « dans la douleur », dévoile l’AFP.
L’élaboration de ce plan d’action climatique — appelé Contributions déterminées au niveau national (CDN) dans le jargon diplomatique — s’est fait au prix d’une série de concessions pour rallier des États réticents à la transition écologique. La veille, Lula, président du pays hôte brésilien, avait tenté de secoué les troupes en déclarant « assez parlé, il faut [agir] ».
Très loin de l’objectif annoncé lors de la COP28
Dans le détail, l’ambition de réduire de 90 % les émissions de gaz à effet de serre en 2040 par rapport à 1990 demeure intacte. En revanche, « les Européens auront la possibilité d’acquérir jusqu’à 10 % de crédits carbone internationaux pour atteindre cet objectif », précise l’AFP. Cette souplesse, amoindrissant l’ambition du texte, était destinée à convaincre la dirigeante italienne d’extrême droite, Giorgia Meloni. Autre recul à noter : les Vingt-sept ont acté le report de 2027 à 2028 de l’extension du marché du carbone au transport routier et au chauffage des bâtiments.
« La France aura malheureusement joué le mauvais rôle jusqu’au bout »
« La France aura malheureusement joué le mauvais rôle jusqu’au bout dans les discussions sur les cibles climat de l’Union européenne, regrette Caroline François-Marsal, du Réseau Action Climat. Aux côtés de la Pologne et de l’Italie, elle a imposé l’introduction de flexibilités qui affaiblissent considérablement l’ambition climatique européenne. »…
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