C’est un long vol. Neuf décennies placées sous le signe de l’élégance et d’un rêve qui s’appelle tour à tour Caravelle, Concorde ou A380… À l’heure de ses 90 bougies, soufflées le samedi 7 octobre, Air France, alliée à KLM depuis 2004, n’en finit pas de se réinventer, de se remodeler, comme en témoigne l’annonce, mardi 3 octobre, d’une probable entrée du groupe au capital de SAS, à hauteur de 19,9 %, pour l’équivalent de 137 millions d’euros.
Une façon de capter un public scandinave à haut pouvoir d’achat et friand de voyages. Au passage, SAS, détenue en partie par les États suédois et danois, quitterait Star Alliance (Lufthansa, United Airlines, Air Canada, etc.) pour passer sous pavillon de SkyTeam, l’alliance emmenée notamment par Air France-KLM. Classé au cinquième rang mondial, en termes de chiffre d’affaires derrière les trois grandes américaines (Delta, American Airlines, United Airlines) et Lufthansa, le groupe franco-néerlandais entend prendre part à la consolidation à l’œuvre en Europe dans un secteur aérien éprouvé par la pandémie de Covid. Après avoir vu l’italien ITA Airways (ex-Alitalia) tomber dans le giron de Lufthansa, il espère une issue plus favorable à la privatisation de TAP. Avec une forte implantation au Brésil et plus largement en Amérique du Sud, la compagnie portugaise dispose d’atouts complémentaires à ceux d’Air France-KLM. Lisbonne pourrait même servir de troisième plateforme (« hub ») pour des passagers à destination des Amériques qui ne passeraient alors plus par ceux de Paris et d’Amsterdam.
Classée récemment par l’agence Skytrax meilleure compagnie européenne pour l’expérience clients, Air France doit sans cesse s’adapter aux évolutions du secteur, comme la montée en puissance des compagnies du Golfe.
Autre défi : le niveau stratosphérique qu’atteint désormais le secteur des vols à bas coût (« low cost »),…
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Auteur: Denis Peiron

