Palaiseau (Essonne), reportage
« Merci d’être là… Je ne sais pas si vous mesurez l’importance de votre mouvement. » Le 21 janvier au soir, trois agriculteurs du coin sont venus soutenir la centaine d’étudiants d’AgroParisTech, prestigieuse école d’agronomie située à Palaiseau, en Essonne, qui dénoncent la politique agricole du gouvernement. Ils sont notamment engagés contre l’accord UE-Mercosur, le traité de libre-échange signé mais bloqué en théorie par une saisine de la Cour de justice de l’Union européenne.
Depuis deux jours, elles et ils occupent une partie du campus Palaiseau, en Essonne, et une trentaine d’entre eux dorment sur place. Des dizaines de tables et de chaises empilées condamnent plusieurs portes d’accès au premier étage des deux bâtiments. Les cours en présentiel, suspendus jusqu’à la fin de semaine, selon plusieurs étudiants, ont basculé en ligne ou été reportés.
Un « collectif autogéré » à l’initiative du mouvement
Sur les bancs d’un grand amphithéâtre baigné d’une lumière froide, une centaine d’étudiants du campus Palaisau d’AgroParisTech ont pris place pour la conférence. Téléphone braqué sur les invités — une agricultrice, deux agriculteurs et un porte-parole de la Confédération paysanne — une étudiante retransmet les images en direct pour ceux restés « en arrière-front », sur les blocages aux entrées de l’université.
À l’origine de la mobilisation, soutenue par l’antenne locale des Soulèvements de la Terre, on trouve notamment Agro en luttes, un « collectif d’étudiant.e.s d’AgroParisTech mobilisé.e.s pour la justice sociale, sous toutes ses formes », selon sa page Instagram. La conférence débute par la prise de parole légèrement désordonnée de quelques membres de la coordination de l’occupation, dont Vipulan Puvaneswaran, activiste écolo décolonial de 22 ans en deuxième année de master. « Comme on…
Auteur: Eva Samaddar

