En France, depuis l’année 1989, une histoire s’est écrite en contrechamp. Tandis que le pays célébrait le bicentenaire de la Révolution française, et qu’en Europe la chute du mur de Berlin devait marquer une ère, la France prônait la victoire de son modèle de démocratie, de droits individuels et d’émancipation.
C’est dans ce contexte qu’éclate l’affaire du foulard de Creil. Elle marque le point de départ d’un récit politique, médiatique et idéologique qui, depuis 1989, n’a cessé de se déployer : le récit islamophobe français. Deux jeunes filles musulmanes étaient exclues de leur collège pour avoir porté un foulard.
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Elles voulaient simplement étudier. Leurs visages, leurs corps, leurs vies sont devenues un sujet national. Exhibées dans la presse. Disséquées sur les plateaux télé. Stigmatisées, marginalisées, humiliées par des responsables politiques, des éditorialistes et des intellectuels autoproclamés.
En France, les conditions de ces femmes étaient déjà désastreuses, elles vivent depuis cette date sous un régime d’exception. Interdites d’aller à l’école, de travailler, d’accompagner leurs enfants en sorties scolaires, de participer à la vie associative, de pratiquer un sport, de fréquenter des espaces de loisirs.
Si les débats à notre sujet sont aussi violents, c’est parce que nous avons pris place dans l’espace public.
Plusieurs générations de femmes vivent la même expérience, à différents âges de leur vie, à chaque étape de leur parcours : stigmatisations, dénonciations, interdictions, répressions, exclusions. Ces politiques islamophobes affectent profondément leur santé mentale, nourrissant…
Auteur: Collectif

