À Berlin, les Turcs sous la menace de l’extrême droite

Le soir du 23 février, Hacı-Halil Uslucan se rend chez des amis pour suivre les résultats des élections en direct, à la télévision. « Je me suis demandé si je devais apporter mes valises », ironise-t-il avec le sérieux que lui confèrent ses rôles de professeur à l’université de Duisburg-Essen et de directeur de la Fondation pour les études turques et la recherche sur l’intégration (ZfTI), habitué à peser ses mots.

Pour lui comme pour environ 2,9 millions de personnes d’origine turque en Allemagne, les résultats des élections législatives anticipées ont de quoi susciter l’anxiété : les chrétiens conservateurs de la CDU/CSU sont arrivés en tête du scrutin avec 28,6 % des suffrages, ­tandis que le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD) s’est, lui, hissé en deuxième position (20,8 %), obtenant le meilleur score enregistré par l’extrême droite depuis la Seconde Guerre mondiale.


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La CDU/CSU et son chef Friedrich Merz, probable successeur du chancelier Olaf Scholz, ont notamment annoncé vouloir durcir les contrôles aux frontières, suspendre la réunification familiale pour les détenteurs de la protection subsidiaire, et évaluent la possibilité de révoquer la citoyenneté allemande des binationaux considérés comme « extrémistes » ou « anti­sémites ».

Bien qu’ils aient réfuté toute alliance avec l’extrême droite en marge de leur victoire aux élections, les conservateurs ont été accusés de rompre le « cordon sanitaire » en votant, fin janvier, une motion parlementaire sur l’immigration avec l’appui de l’AfD. Un climat politique aux répercussions sociales tangibles, estime Hacı-Halil Uslucan, pour qui « les…

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Auteur: Adèle Surprenant

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