Or, quand on sait qu’une petite minorité de victimes de violences sexistes et sexuelles dépose plainte, encore moins lorsque l’agresseur est un représentant de l’autorité publique, on ne peut que penser aux milliers de victimes anonymes. Hier, on apprenait que deux de ces prédateurs sexuels avaient de nouveau fait une victime au tribunal de Bobigny, dans la nuit du 28 au 29 octobre.
Un viol filmé en plein Tribunal
Dans la nuit du 28 au 29 octobre, une jeune femme « déférée au parquet de Bobigny pour des faits de soustraction par un parent à ses obligations légales » d’après le communiqué du procureur Eric Mathais, était victime de viols par deux agents de police. Le préfet de police de Paris Patrice Faure a déclaré sur X qu’ils avaient été suspendus et placés en garde à vue. L’IGPN a été saisie. Le ministre de l’Intérieur et ancien préfet de police Laurent Nunez a déclaré qu’il s’agissait là « d’agissements extraordinairement graves et inacceptables ». Il ajoute que si l’enquête « conclut que des faits criminels ont été commis, et que l’honneur des policiers a été sali, il va de soi que des sanctions seront prises ». Comble de l’horreur, on apprend ce 31 octobre que l’un des deux policiers a filmé la scène et sauvegardé la vidéo sur son téléphone. Leur garde à vue a été prolongée.
Mais on connaît la musique : l’enquête sera bâclée, les preuves risquent d’être effacées, la parole de la victime remise en question, et les policiers ne verront sans doute pas l’ombre d’une cellule. La machine est déjà en branle : une source proche du dossier a affirmé que les deux agents incriminés avaient écrit leur propre rapport administratif pour exposer leur version des faits. Les deux hommes reconnaissent les relations sexuelles, mais assurent « qu’elles étaient consenties ». C’est sûr que lorsque l’on passe la nuit dans une cellule insalubre au sous-sol d’un…
Auteur: IAATA

