Dans son édition datée du 24 novembre, Le Monde, journal « de référence », a publié une chronique de son collaborateur Philippe Bernard, sous ce titre : « L’antisémitisme, un fléau manipulé ».
On y trouvait notamment ces menus propos, qu’il faut citer entièrement : « Tandis que La France insoumise (LFI) se sert de la tragédie de Gaza pour flatter l’électorat issu de l’immigration maghrébine, le Rassemblement national (RN) l’utilise en sens inverse pour stigmatiser l’immigration et l’islam, voire pour faire les yeux doux aux électeurs juifs. On imagine l’horreur que constituerait, dans ce contexte, un deuxième tour de présidentielle entre Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon. »
Dans les pages du Monde, qui depuis des années renvoie régulièrement dos-à-dos ce qu’il appelle « les extrêmes » – c’est-à-dire LFI et le RN, c’est-à-dire la gauche antiraciste et l’extrême droite xénophobe –, ces proférations quelque peu émétiques n’ont rien d’inédit : en mai dernier déjà, le même Philippe Bernard, décidément obnubilé, décrétait par exemple que « la gauche radicale de Jean-Luc Mélenchon croy(ait) conquérir des voix musulmanes en faisant de la tragédie de Gaza le centre de sa campagne pour les élections européennes, quitte à s’aliéner de nombreux juifs en confondant ‘juifs’, ‘Israéliens’, ‘sionistes’ et ‘colonialistes’, l’hostilité à l’égard du gouvernement d’Israël et la négation de l’existence de ce pays (1) ».
Dans la vraie vie, naturellement, à aucun moment La France insoumise n’a par exemple confondu « juifs » et « Israéliens ». Mais pourquoi se priver d’une calomnie, quand elle permet de brailler à l’unisson des droites extrêmes ?
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Auteur: Sébastien Fontenelle

