Bujumbura, capitale économique du Burundi, génère d’importantes quantités de déchets ménagers pour lesquelles le gouvernement peine à mettre en place une gestion efficace. Entre insuffisances administratives et lacunes réglementaires, ces déchets sont souvent déversés dans les rivières qui se jettent directement dans le lac Tanganyika, menaçant ainsi l’écosystème lacustre au Burundi et au-delà de ses frontières. Après un article sur la réaction en chaîne qui détruit les sols, focus sur la pollution des eaux.
Selon la Troisième Communication Nationale du Burundi sur les changements climatiques, publiée en 2019 par le ministère de l’Environnement, de l’Agriculture et de l’Élevage, chaque habitant de Bujumbura produit en moyenne 0,6 kilogramme de déchets par jour, soit environ 217 kilogrammes par an. En comparaison, la France produit environ 5,1 tonnes par habitant et par an, toutes catégories confondues (ménagers, industriels, construction, etc.).
Mélangés aux eaux de ruissellement provenant des toitures et aux eaux usées domestiques, ces déchets s’écoulent dans les caniveaux, constituant une source de pollution qui finit par se déverser dans les rivières alimentant directement le lac Tanganyika. Ce lac, deuxième plus profond au monde après le Baïkal, s’étend sur quatre pays : le Burundi, la Tanzanie, la Zambie et la République démocratique du Congo.
Des mesures administratives non respectées
Depuis plusieurs années, des coopératives et associations, notamment la Bujumbura Cleaning Company (BCCO), sont chargées de la collecte des déchets ménagers dans la capitale économique du Burundi. Toutefois, dans certains quartiers comme Nyakabiga et Bwiza, les ordures peuvent s’accumuler pendant des mois, alors même que les habitant·es s’acquittent mensuellement des frais de collecte.
Auteur: Mr Mondialisation

