Philippe, Anaïs et Ludovic sont en grève de la faim depuis le lundi 11 octobre à l’église Saint-Pierre de Calais, pour demander la fin des traitements inhumains et dégradants contre les personnes exilées dans cette zone frontalière.
Le père Philippe Demeestère, 72 ans, est aumônier du Secours catholique du Pas-de-Calais. Impliqué dans le tissu associatif, il accompagne et accueille les exilé.e.s de passage dans la seule permanence de jour existante dans le Calaisis qui est tenue par le Secours Catholique. Anaïs Vogel et Ludovic Holbein sont des bénévoles engagés auprès des associations humanitaires et des personnes en exil sur la route de l’Angleterre.
Les trois ont entamé leur grève de la faim après un nouveau décès d’une personne exilé dans la zone. Fin septembre, un jeune homme soudanais, Yasser, est mort en tentant de monter dans un semi-remorque au petit matin. Le vendredi 8 octobre, au moins 200 personnes lui ont rendu hommage à Calais.
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Depuis les années 1990, plus de 300 personnes exilées sont décédées à cette frontière. Face à ce constat alarmant, l’État a été interpellé mais aucune réponse satisfaisante n’a été apportée. Les trois grévistes de la faim engagés auprès des personnes exilées disent assister « quotidiennement à des formes de violences psychologiques et physiques à l’encontre des personnes exilées : expulsions toutes les 48 heures voire quotidiennes ; confiscation et destruction des effets personnels ; multiplication des arrêtés anti-distribution de nourriture et d’eau ; humiliations… »
Les militants demandent la suspension des expulsions quotidiennes et des démantèlements de campements durant la trêve hivernale, l’arrêt de la confiscation des tentes et des effets personnels des personnes exilées, un dialogue citoyen raisonné entre autorités publiques et associations non mandatées par l’État pour l’ouverture et la localisation de points de distribution de tous les biens nécessaires au maintien de la santé des personnes exilées.
Depuis plusieurs années, des ONG de défense des droits ou des associations humanitaires, des militants associatifs et des personnes exilées, et aussi régulièrement la Défenseure des droits, alertent sur les violations récurrentes des droits et les traitements inhumains à l’encontre des exilé.e.s dans le Calaisis. Ce constat a encore été documenté par un rapport de l’ONG internationale Human Rights Watch…
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Auteur: Rédaction

