Des chiffres valent parfois 1 000 mots. Ceux-ci donnent une image saisissante de l’explosion de la mobilité humaine depuis 1850, et de la ruine concomitante du monde sauvage. Dans une étude publiée le 27 octobre dans la revue Nature Ecology & Evolution, une dizaine de chercheurs internationaux compare les déplacements des humains à ceux du reste du monde vivant. Ceux-ci croissent de manière spectaculaire depuis la révolution industrielle : ils sont aujourd’hui près de 40 fois supérieurs à ceux de tous les oiseaux, arthropodes et mammifères terrestres. Concrètement, nous nous déplaçons beaucoup plus que tous les animaux terrestres confondus.
« Avec cette étude, nous montrons de manière quantitative que nous sommes devenus une forme dominante très puissante dans la nature », explique Ron Milo, professeur en biologie des systèmes à l’Institut Weizmann des sciences et coauteur de l’étude.
L’équipe de chercheurs s’est intéressée aux « mouvements de biomasse », correspondant au poids de tous les représentants d’une espèce, ou d’une classe d’animaux, multiplié par la distance qu’elle parcourt chaque année. « Comparer uniquement les distances effectuées aurait été trompeur, explique Yuval Rosenberg, chercheur à l’Institut et premier auteur de cette étude. Une abeille peut parcourir des dizaines de kilomètres en une journée, mais, compte tenu de sa petite taille, son impact n’est pas du tout aussi important que celui d’un plus gros animal se déplaçant sur une plus courte distance. »
Utiliser ces deux métriques permet de « comparer des pommes avec des oranges », ajoute Ron Milo, de tenir compte de « l’hétérogénéité » du vivant tout en « conservant une vue d’ensemble » sur les dynamiques à l’œuvre.
Les Allemands se déplacent autant que les baleines à bosse
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Auteur: Hortense Chauvin

