L’annonce par Emmanuel Macron du projet de création de trois parcs d’attractions et de milliers d’emplois par le fonds souverain saoudien à Cergy-Pontoise (Val-d’Oise) retient légitimement l’attention. Avec 6 milliards d’euros d’investissement, le projet constitue potentiellement un levier économique majeur.
Mais c’est précisément parce que l’investissement est considérable qu’il faut dépasser ces seules promesses. À l’heure où les territoires doivent composer avec des vagues de chaleur plus fréquentes, des infrastructures sous tension et des difficultés d’accès au logement, la réussite d’un grand projet ne peut plus se mesurer à son seul effet économique.
Elle doit aussi se juger à l’aune de sa contribution réelle au territoire, de son coût environnemental, de la qualité des emplois créés et de sa capacité à améliorer durablement la vie des habitants.
Mesurer la valeur réellement créée
6 milliards d’euros constituent un investissement hors norme. Si le complexe atteignait une attractivité et une capacité de contribution économique comparables à celles de Disneyland Paris, il pourrait représenter environ 0,3 % du PIB de l’Île-de-France.
Mais le montant investi ne suffit pas à mesurer la valeur créée. Un milliard d’euros investi ne dit rien, en soi, de la part de richesse qui bénéficiera effectivement au territoire, de sa répartition ou de sa pérennité.
Intégrer le climat dès la conception
Cette interrogation est d’autant plus importante que le projet s’inscrit dans un territoire déjà confronté aux transformations du climat. Les vagues de chaleur deviennent plus intenses et plus régulières. Or l’ancien site de Mirapolis est aujourd’hui en grande partie végétalisé et constitue un espace qui rend des services écologiques, notamment en matière de stockage naturel du carbone. Son artificialisation pourrait réduire cette capacité,…
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