États-Unis, reportage
« J’ai la particularité de savoir que j’ai empoisonné mes enfants, rit jaune Fred Stone, qui s’apprête à traire une vache. Mais pas intentionnellement, bien sûr. » En 2016, ce fermier de l’État du Maine (États-Unis) a appris que son sang, celui de sa femme et de ses enfants sont contaminés aux PFAS, tout comme le lait de ses vaches. La faute revient à l’épandage de boues de station d’épuration sur ses terres, des boues polluées par l’industrie papetière. « C’était un bain de sang », image l’agriculteur, qui concède être aujourd’hui « à court de larmes ».
Dans les années 2010, le dossier de la pollution aux PFAS a refait surface aux États-Unis, près de vingt ans après le premier scandale, raconté dans le film Dark Waters. Toujours en 2016, un résident de l’État de New York découvrait que sa ville buvait une eau contaminée. Idem en 2018, dans le New Hampshire.
Outre-Atlantique, ces affaires médiatiques ont offert un coup de projecteur sur cette famille de molécules chimiques, responsables de cancers et de maladies graves. Utilisés par l’industrie, les PFAS se nichent dans nos poêles antiadhésives, nos vêtements imperméables, nos emballages alimentaires ou encore nos cosmétiques.
Tandis qu’en France les autorités semblent tout découvrir (ou presque) depuis le premier scandale en 2022 au sud de Lyon, des États étasuniens ont déjà mis en place des politiques pour dépolluer l’eau, aider les victimes et récupérer des milliards de dollars de l’industrie chimique pour réparer les dégâts.
Dépolluer l’eau : le Michigan aux avant-postes
Encore traumatisé par un scandale de pollution au plomb en 2015, le Michigan, dans le nord des États-Unis, fait figure de pionnier dans la dépollution de l’eau aux PFAS. Quand ses services ont reçu la première alerte concernant ces substances chimiques très persistantes en 2017, l’État a créé dans la…
Auteur: Arthur Beauchet, Hugo Coignard

